Critic's Pick: A Spotless Rose (FOOTPRINT Records FRCD-060) Sofia Vokalensemble, dirigé par Bengt Ollén

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Commentaires de Jonathan Slawson, journaliste

 

Beaucoup d’entre vous, je l’espère, partagent mon enthousiasme pour les Jeux Olympiques de cette année. Lors de cette édition, j’ai été particulièrement frappé par les épreuves de gymnastique masculine et féminine, lors desquelles les concurrents sont évalués non seulement en fonction du degré de difficulté de leur programme, mais également de l’élégance avec laquelle ils l’exécutent. L’un des aspects de ces prestations que j’admire le plus, est le niveau de grâce que les juges attendent de leur salut final. Les gymnastes, après avoir réalisé leurs multiples sauts et pirouettes, doivent alors l’effectuer sans vaciller! La détente entre les mouvements, et notamment la réception finale, sont des éléments essentiels à la réussite d’une prestation.

 

On attend cette même grâce des ensembles vocaux, mais au lieu de réceptions finales, il s’agit ici de cadences. Sofia Vokalensemble, l’ensemble vocal de Suède, excelle dans l’exécution de telles figures acrobatiques et interprète la musique avec un niveau de raffinement, d’élégance et de nuance qui donne à l’auditeur une sensation d’aisance.  Ils possèdent, entre autres, un très grand sens du phrasé et des finales d’une justesse parfaite.

 

Ce numéro de Critic’s Pick se penche sur l’album de Sofia Vokalensemble  A spotless Rose, un enregistrement essentiellement a cappella, prévu pour la période de l’Avent, avec la soprano Jeanette Kohn, le violoniste Bartoscz Cajier et l’organiste Henrik Ariestrand.

 

C’est le fondateur et chef de chœur Bengt Ollén qui assure la direction de l’ensemble, acclamé en Suède et lauréat du Grand Prix Européen de Chant Choral de 2012. Ce concours, qui s’est tenu cette année en Slovénie, est l’un des plus prestigieux au monde, et les chœurs qui y ont participé ont remporté six concours de chant choral, réputés en Europe. 

 

Parmi de nombreuses autres récompenses, l’ensemble vocal Sofia Vokalensemble  a notamment remporté le Grand Prix du Festival International de Chant Choral de 2009, en Norvège, ainsi que le Grand Prix de Gorizia de 2008, en Italie. L’ensemble effectue fréquemment des tournées en Afrique du Sud, en Allemagne, en Slovénie, en Italie, à Hong Kong, en Irlande, en Grèce, au Vénézuela et en Russie. Si vous avez l’occasion de venir les écouter en concert, je vous encourage à saisir cette chance. En attendant, je ne peux que faire l’éloge de leur enregistrement.

 

La première pièce, Bereden vag for Herran, dont on doit l’arrangement à Anders Bond, s’ouvre sur un unisson clair et cristallin des voix féminines et témoigne de la riche sonorité européenne de l’ensemble, de voyelles unifiées, d’une intonation proche de la perfection, et surtout d’un sens aigu de la direction cadentielle, à travers une sensibilité minutieuse portée à l’avant-dernière note de chaque phrase. Cette première pièce nous mène avec élégance à Nu vantar hela jorden, de Gunnar Hahn, dans lequel les choristes déploient une fantastique palette sonore dynamique, grâce à un arrangement dissonant et envoûtant.

 

Leur répertoire est exigeant,  mais leur musique n’en est pas moins très accessible.

 

À épingler également, la beauté et l’équilibre de la ligne solo dans Madonnans vaggisa d’Ingvar Lindholm, qui contribue à mettre en évidence la grande qualité de cet enregistrement. La prise de son du CD est brillamment réalisée mais sans excès, contrairement à beaucoup d’autres enregistrements, dans notre société axée sur la technologie.

 

Vous apprécierez également Marias vaggisa de Fredrik Sixten, un riff ingénieux d’après Silent Night, de même que l’incroyable et magnifique Corpus Christi de Trond Kverno. Dans cette pièce qui ressemble à une berceuse, les chanteurs enchaînent avec brio des modulations complexes et font preuve d’une grande maîtrise des répétitions, chacune d’entre elles donnant lieu à un approfondissement de la complexité musicale. C’est pour une raison particulière que les compositeurs répètent ou non certaines phrases musicales; le Sofia Vokalensemble apporte quelque chose de nouveau à chaque couplet, de sorte qu’il sonne chaque fois différemment.  

 

Tout de suite après le Corpus Christi, les hommes expriment leur gaieté dans l’arrangement d’Otto Olsson, Guds son ar fodd. Signalons les solides notes tenues des basses, desquelles s’élève la mélodie.

 

Le point culminant de ce recueil est, selon moi, There is no rose of such vertu de Fredrik Sixten. L’ouverture, en particulier, dépeint de manière saisissante l’éclosion d’une fleur. Malgré une conduite des voix périlleuse, les chanteurs interprètent cette pièce avec une facilité déconcertante.

 

Pour de plus amples informations sur le Sofia Vokalensemble, n’hésitez pas à consulter leur site web à l’adresse : http://www.sofiavokalensemble.com/?lang=en

 

 

Vous pouvez écouter des extraits musicaux sur : http://goo.gl/IpG9X

 

Jonathan SlawsonJonathan Slawson est diplômé en musicologie à l’ Université Chorale de Westminster et prépare actuellement un master de management des organisations à but non lucratif à l’Université de New School. Ses intérêts professionnels l’attirent vers des domaines aussi variés que l’éducation artistique, la politique et le management. Après avoir effectué un stage au sein de l’administration et des relations publiques du Lincoln Center, il travaille aujourd’hui en tant qu’assistant au développement au Bravo Lincoln Center Campaign, la structure chargée de récolter des fonds pour le redéveloppement du Lincoln Center. Il a écrit pour le magazine In Tune Monthly produit par Disney, pour lequel il était éditeur du guide des professeurs. Il a travaillé aux New World Stages  (les Scènes du Nouveau Monde) et au Théâtre Mc Carter. Il a enseigné la musique à l’école primaire Maureen M. Welch, et aux Centres des Arts Vivants de New Jersey et de Stagestruck. Il est membre du bureau de la Blair Academy et a reçu en 2009 le prix du Président de l’Université Chorale de Westminster, la plus haute distinction de cette institution.

 

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Traduit de l’anglais par Cécile Dupont (France)