Le choix du critique... Chor Leoni/Wandering Heart, Erick Lichte, Directeur Artistique

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T. J. Harper, DMA Docteur en Arts Musicaux, chef de chœur et professeur

 

Chor Leoni/Wandering Heart
Erick Lichte, Directeur Artistique
Chan Center for the Performing Arts (Centre Chan pour les Arts du Spectacle), Vancouver, Colombie britannique
(2016; 1:07:17)
https://chorleoni.org/

 

Enregistré au “Chan Centre for the Performing Arts” de Vancouver, qui bénéficie d’une acoustique de rêve, par Steve Barnett, producteur, lauréat d’un Grammy Award, Wandering Heart est tout simplement magnifique. C’est le premier enregistrement du chœur depuis 2011, ainsi que le premier sous la direction d’Erick Lichte. Fondé en 1992 par la célèbre chef de chœur Diane Loomer, le chœur d’hommes Chor Leoni “internationalement connue et localement aimée”, est reconnu comme l’un des principaux ensembles vocaux masculins du monde. Chor Leoni est fier de jouer son rôle d’ambassadeur musical de Vancouver et du Canada, et s’est produit lors de grands festivals et concerts à travers tout le Canada et les États-Unis. Au plan international, le chœur s’est produit en Italie, en Croatie, en Bosnie, en Allemagne et en République tchèque.

Erich Lichte s’est taillé dans le monde musical vocal et les salles de concert d’Amérique du Nord une place bien distincte. Membre fondateur, chanteur et directeur artistique de l’ensemble vocal masculin Cantus, Lichte a créé et soutenu l’un des deux seuls ensembles vocaux permanents des États-Unis. Pour son travail avec Cantus, il s’est vu remettre en 2009 le Prix Margaret Hillis pour Chorale d’Excellence, le prix le plus prestigieux attribué par Chorus America, l’organisation professionnelle de chœurs en Amérique. Comme chef de chœur, Lichte a dirigé de nombreux ensembles choraux, tant professionnels que scolaires et amateurs. En janvier 2013, il commença sa carrière comme directeur artistique du chœur masculin Chor Leoni. Lichte est un clinicien actif et un intervenant extérieur passionné, tout particulièrement motivé dans son travail par la perspective d’amener de jeunes hommes à chanter. Il est aussi compositeur et arrangeur publié, spécialement connu pour son œuvre “All is Calm : The Christmas Truce of 1914″ (Tout est calme : la trêve de Noël de 1914), présentée sept fois en tournée en Amérique du Nord.

Stars (plage1) d’Ēriks Ešenvalds, sur un texte de Sara Teasdale (1884-1933), publié par ‘Musica Baltica’. Cet enregistrement par un chœur masculin constitue une première mondiale. Le compositeur Ešenvalds se rappelle ce qui a inspiré cette œuvre: “Je me souviens d’être sorti dans la campagne de Lettonie, mon pays natal, pour fêter Noël avec mes parents. Après dîner, je suis allé faire une marche calmement dans la nuit froide d’hiver: à 30 ans, je n’avais jamais été aussi impressionné par la vue du ciel: les étoiles étaient tellement brillantes! Je ne me rappelais pas avoir jamais vu dans ma jeunesse passée un paysage céleste aussi puissant. À ce moment j’ai ressenti quelque chose de très spécial me parler en provenance du ciel, que je ne pouvais pas nommer“.

I Saw Eternity (plage 2) de Paul Mealor, sur le texte d’Henry Vaughan (1621-1695) ‘The World‘ publié par Novello & Company, Ltd. “La poésie d’Henry Vaughan est proche des œuvres de Donne et d’Herbert autant enclines à la métaphysique que riches spirituellement. Mealor destine les premières lignes du poème de Vaughan, Le Monde, au chœur masculin, aux solistes, aux instruments à vent et au saxophone soprano, pour créer une texture dense mais lumineuse. Le concours du chœur apporte non seulement une toile de fond cosmique à l’œuvre, mais aussi l’amplifie“.

Wandering Heart (Plages 3 à 5) d’Ēriks Ešenvalds, sur un texte de Leonard Cohen (1934-2016) de l’album ‘The Spice Box of Earth’, publié par Musica Baltica et commandité par le Chœur Masculin Chor Leoni avec le soutien financier du ‘Diane Loomer Commissioning Fund’. C’est la première mondiale de cet enregistrement, qui fait figure de testament à la mémoire du chanteur, compositeur, poète et peintre Léonard Cohen. Selon les propres mots d’Ešenvalds, “Mon cycle de trois chansons sur des textes de Léonard Cohen s’est transformé, avec les voix de Chor Leoni et grâce aux mains d’Erick Lichte, en une symphonie dont les instruments (de vrais choristes masculins Canadiens) ont ouvert le livre de leurs histoires de vie. Nous pouvons entendre des pages sur leurs enfances, leurs bons souvenirs, leurs premières amours, leurs rêves et leurs destinées“.

Adspice Domine (Vespergesang, plages 6 à 9) Op. 121 de Félix Mendelssohn (1833, publié à titre posthume en 1874). Ce “Vespergesang” est l’une des rares œuvres de taille moyenne pour ensembles choraux masculins écrites par Mendelssohn: rien qu’à ce titre, Wandering Heart mérite bien d’en faire partie. La partition de Mendelssohn ne prévoit des parties que pour un chœur masculin à quatre voix avec un accompagnement de violoncelle et contrebasse. L’œuvre illustre les textes liturgiques des Vêpres du 21ème Dimanche après la Trinité. Le premier et troisième mouvement sont caractéristiques des textures polyphoniques imitatives et d’inspiration baroque. Le bref second mouvement présente le plain-chant prescrit par la liturgie, que Mendelssohn développe alors et illumine dans le troisième mouvement. À la fin, la clarté triomphe de l’obscurité avec la présentation chorale d’O Lux Beata Trinitas de St Ambroise.

Even When He Is Silent (plage 10) de Kim André Arnesen, sur un texte d’origine anonyme, est publié par Walton Music. Cet enregistrement est une première mondiale par un chœur masculin. Dans ‘Even When He is Silent’, premier enregistrement par un chœur masculin, la disposition originelle pour voix féminines est maintenue, mais la tonalité est baissée d’une septième. Alors que la plupart des œuvres chorales masculines présentent leurs accords en position fondamentale, cette adaptation d’une œuvre pour SSAA se caractérise par des harmonies de 1er et 2ème renversements, ce qui fait ressortir à la fois l’obscurité et la lumière de ce texte anonyme du XXème siècle.

Sure on This Shining Night (plage 11) de Morten Lauridsen sur un texte de James Agee provenant de ‘Description of Elysium‘ et publié par Hal Leonard. C’est une très belle, délicate et excellente interprétation d’un classique contemporain par un compositeur primé américain.

Yahrzeit (plage 12) de Robert Moran sur un texte de James Skofield, est tiré directement du manuscrit. C’est un enregistrement en première mondiale. “Le texte de Yahrzeit a été écrit par James Skofield en mémoire de son compagnon Michael, mort du sida à 40 ans. James m’a demandé d’écrire une œuvre à sa mémoire, au moment où ses nombreux amis ne parvenaient à se mettre d’accord sur la date d’un service funèbre à New York City. En quelque sorte, Yahrzeit est la fête juive pour célébrer la personne disparue à l’anniversaire de son/sa mort. Cela peut être un concert en souvenir, un poème partagé avec tous, une réunion, etc. qui a lieu à la date anniversaire du décès de cette personne spécifique. C’est une très belle idée. J’aimerais que Yahrzeit soit une réflexion musicale sur  quelqu’un, quelque chose, qui nous a quittés… seulement un souvenir.

Long Road  (plage 13) de Ēriks Ešenvalds sur un texte de Paulīna Bārda (1890-1983) traduit par Elaine Singley Lloyd et publié par Musica Baltica. L’orchestration pour chœur masculin a été commandée par Chor Leoni grâce à la Fondation Diane Loomer. “ L’essentiel de la poésie de Paulīna Bārda parle de l’amour comme dans Long Road. En le lisant, j’ai senti pendant un instant devenir vraiment réels ces souvenirs de leur passé. Le poème contient peu de mots, de sorte qu’après sa fin, la musique se transforme en un environnement sonore ou une image peignant ses yeux regardant vers le ciel, cherchant l’étoile, et murmurant la prière du cœur pour l’aimé.

 

Traduit de l’anglais par Chantal Elisène-Six (France)

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